[Artland 3.2] - Coup de foudre à la morgue (nov.)

Retour sur les aventures achevées en Artland
Asdel
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[Artland 3.2] - Coup de foudre à la morgue (nov.)

Message : # 11470Message Asdel
21 janv. 2013, 16:15

Thomas avait un peu couru pour rentrer chez lui. Il s’était préparé avec une certaine hâte, comme le prouvait sa cravate légèrement décalée et son mouchoir mal plié, mais avec goût. Depuis qu’il avait quelques économies, il s’était refait une garde-robe avec des vêtements non pas de premières mains, mais classique et à l’épreuve du temps.
Pour agrémenter son costume trois pièces noir, le docteur avait pris un haut de forme de la même couleur ainsi qu’une canne en bois d’ébène, agrémenté d’un pommeau d’argent, souvenir de feu son père. Finalement, pour parfaire sa mise, Thomas avait ajouté une goutte de musc. Il s’était miré une dernière fois dans le miroir en pied de l’entrée, avant de faire quérir un fiacre par le jeune garçon de sa logeuse, qu’il avait dépêché un peu plus tôt afin de réserver une bonne table au restaurant.

Le docteur était arrivé avec quelques minutes de retard chez les Deighton, comme l’exigeaient les bonnes manières de ce temps. Il avait complimenté la mise de Lydia et exprimé son ravissement de voir Juste en bien meilleure forme que lorsqu’il les avait quittés.

Puis, reprenant le fiacre, le couple s’était dirigé vers le restaurant The Crabbshakk. Il se situait dans un quartier petit-bourgeois, et ne payait à l’extérieur pas de mine engoncé dans un immeuble sobre et sombre. Galamment, il avait conduit la jeune veuve à l’entrée. Là, ils avaient été reçus par le patron, un homme petit et massif, voire légèrement bedonnant. La quarantaine, crâne bien dégarni où de rares cheveux roux luttaient contre des mèches grises, l’homme conduisit en personne son « meilleur client », le docteur Sullen pour ne pas le nommer, à une table où il semblait avoir des habitudes. Il parlait avec le rude accent de Kell, mais ses joues rouges et ses fanons de morses qui tressautaient avec son rire rauque et régulier dénotaient un certain appétit pour la vie et les joies simples.

Le patron laissa quelques instant ses hôtes à table, dans un petit carré privé qui donnait contre la baie vitrée et la rue, tandis qu’il allait quérir un «petit pichet de blanc » ainsi que les cartes. Si l’extérieur ne payait pas de mine et aurait pu inquiéter Lydia, l’intérieur était bien plus chic qu’on aurait pu le penser. Il y avait en tout une vingtaine de tables, toutes séparées par des paravents en bois rouges et travaillés avec soins dans des motifs floraux. Le sol était recouvert d’un parquet sombre, parfaitement entretenu par un soin constant et régulier à la cire. Les murs étaient nus, couleur blanc cassé, en dehors de quelques marines et autres tableaux de pêche qui rappelaient les origines des propriétaires des lieux. Il y avait une certaine austérité dans le décor, mais il était recherché, les lampes à huile trônant sur les tables offrant de merveilleux jeux de lumières dans ces petites alcôves. C'était un endroit charmant et surtout très calme, où l'on entendait des conversations feutrés se mêler au tintement cristallin des couverts dans les plats de faïences.

Un jeune homme, le fils de la maison, revint avec le vin et les cartes, ainsi que du pain blanc. Les menus étaient simples, soupes de poissons en entrée, assortiments de riz ou de pommes de terres avec quelques légumes des Hautes-Terres, et plusieurs variétés de poissons et de coquillages de première fraicheur pour le plat principal, comme l’expliqua Sullen à son hôte. Avec un petit rire, tout en se proposant pour servir le vin, il ajouta que les desserts, inspirés de la mer, ne contenaient toutefois aucune goutte de produits iodés.
Lui-même prendrait un crabe farci au cognac ainsi qu’une petite soupe de rougets. Il laissait le soin à Lydia de choisir ce qui lui plaisait, recommandant cependant les soles meunières ou les ailes de raies au câpres.

En attendant les commandes, Thomas regarda la jeune femme et, pour lancer la conversation, demanda quels étaient le lien de parenté qui l'unissait à Juste, ayant lui même cru comprendre qu'elle avait recueilli le jeune homme.
Je vous laisse décrire comment vous vous êtes préparés, vos commandes pour le repas et la réponde à la question. Mais tu veux ajouter des choses sur les retrouvailles ou le trajet fais-toi plaisir, et si tu as des idées pour lancer la conversation :mrgreen: .
Dernière modification par Asdel le 22 janv. 2013, 22:28, modifié 1 fois.

darkbaron
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Re: Artland - Le récupérateur de cadavre (5 nov. 1232)

Message : # 11473Message darkbaron
21 janv. 2013, 16:58

Lydia avait naturellement veillé à changer de tenue et à se mettre en valeur : après les émotions de la journée et la pluie, elle avait pensé qu'il était préférable de se changer, même pour un rendez-vous personnel. Elle paraissait donc aussi fraîche que lors de leur rencontre, même si la robe claire qu'elle portait semblait toujours aussi démodée et sobre que la précédente. Pour l'occasion, elle avait opté pour un parfum délicat de fleurs printanières et avait même ajouté une touche de maquillage. Ce dernier restait discret et servait surtout à lui donner un meilleur teint et à mettre ses lèvres en valeur. Elle préférait en effet en mettre le moins possible car celles qui en abusaient ressemblaient à de vieilles croûtes peintes par des artistes médiocres. La beauté se révélait dans la simplicité.

La jeune veuve rougit légèrement au compliment du bon docteur et le lui retourna d'ailleurs. Il était vrai que le médecin lui semblait fort séduisant dans cette tenue et elle était donc au moins aussi ravie que lui. Elle lui prit d'ailleurs le bras de sa propre initiative, sans attendre un geste de sa part.

Dans le fiacre, elle lança également d'elle-même la conversation, évoquant surtout la conférence, les liens qu'elle pouvait établir avec ses travaux, et que les fâcheux événements qui avaient suivi. D'ailleurs, elle demanda au médecin si on avait trouvé les responsables de cette plaisanterie de mauvais goût.

Une fois arrivée au restaurant, elle ne put s'empêcher de lancer une remarque légère :

"Ma robe est parfaitement assortie à la couleur de ces murs."

En tout cas, l'ambiance du restaurant lui plaisait énormément et le propriétaire lui semblait un homme fort sympathique. Le style du décor ne correspondait pas vraiment à ses goûts, mais elle trouvait malgré tout cela plaisant. En plus, c'était dans l'esprit du restaurant et respectait son thème.

Quand vint l'heure des commandes, Lydia préféra suivre les conseils du médecin. Elle mangeait pour la première fois ici, alors qu'il semblait être un habitué des lieux. En plus, c'était une excellente façon de découvrir les goûts de ce dernier. En outre, choisir ce qu'il recommandait ne pouvait que lui plaire.

N'ayant rien à cacher sur son lien de parenté, Lydia répondit simplement :

"Juste est le fils d'une cousine défunte. J'ai découvert son existence il y a peu de temps et j'ai donc décidé de m'occuper de lui afin qu'il ait un toit et une famille."

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Re: Artland - Le récupérateur de cadavre (5 nov. 1232)

Message : # 11478Message Asdel
21 janv. 2013, 22:03

Le docteur avait raconté le temps du trajet, de manière édulcorée, les événements de l'après-midi. Il avait bien quelques pistes, mais en tant qu'investigateur il ne priviliégiait aucune hypothèse, de peur de se tromper, et puis, il n'avait encore rien de probant à se mettre sous la dent et pas le moindre suspect en vue.

Quand à leur discussion présente, il répondit:
"Charmante et altruiste, vous êtes une jeune femme délicieusement parfaite, emplie de qualités ainsi que d'humour Madame Deighton." Thomas sourit à Lydia, repensant à la couleur de sa robe. "Et donc vous partagez aussi le même goût pour l'art ? Vous pratiquez le dessin ou la peinture jeune Juste ? Comme vous Madame je crois ?" Thomas était troublé, il ne savait pas réellement quoi dire pour ne pas paraître trop entreprenant ou indiscret, était-ce dû à la fatigue de la journée, ou bien le plaisir de discuter avec une si jolie jeune femme dont les doux traits étaient rehaussés par la lumière tamisée des lieux.

darkbaron
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Re: Artland - Le récupérateur de cadavre (5 nov. 1232)

Message : # 11483Message darkbaron
21 janv. 2013, 22:50

"J'ai pratiqué le dessin, mais je n'y suis pas si douée, pour tout vous dire. Mon talent est tout autre. Je suis issue d'une famille de lettrés adorant l'écriture et la réflexion. Mes parents étaient philosophes et écrivains. Enfin, surtout ma mère. J'ai en quelque sorte embrassé l'héritage de ma famille en devenant moi-même philosophe, mais également critique d'art. Ma plume est mon pinceau et mon esprit ma palette. J'élabore des théories et essaie de saisir l'âme des œuvres comme le peintre a essayé de saisir son sujet. Je pense qu'il y a beaucoup à dire sur la question. Toutefois, je doute franchement que cela puisse intéresser un aussi brillant esprit scientifique comme le vôtre. J'ai cru comprendre que vous étiez un éminent médecin..."

Elle finit cette dernière phrase en souriant de manière taquine, tout en prenant délicatement la main du docteur.
Ce contact était chaleureux et sincère : c'était une façon de lui montrer qu'elle l'appréciait énormément...

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Message : # 11504Message Asdel
22 janv. 2013, 21:51

"Éminent éminent, c'est vite dit. Disons que j'aime par dessus tout aider mon prochain, et la médecine me permet de soulager tant de personnes. Sans compter que j'ai eu un rapport avec cet art très jeune à cause de plusieurs disparitions familiales" le visage de Thomas se voila légèrement, tandis que sa main se faisait plus appuyé sur celle de la jeune femme. "Après je commence à faire mon petit nid, c'est dur pour quelqu'un qui n'est pas né ici, à Liberté. Mais je pense que je dois plus à ma bonne étoile et mes quelques investigations ces titres de gloriole" Thomas souriait de son demi-sourire habituel qu'il espérait charmeur, reprenant son air détaché. "Et je vous avouerai que je préfère de loin parler d'art avec une femme telle que vous Lydia, vous permettez que je vous appelle Lydia ? Plutôt que de passer ma soirée à lire quelques mauvais roman avant de me préparer à une dure journée de travail où je devrais rassurer de vieilles dames sur leur souffles au cœur ou essayer de convaincre des vieux messieurs d'arrêter de croire qu'ils ont encore vingt ans" ses yeux, plongés dans ceux de Lydia, souriait franchement. Il avait bien remarqué les efforts de la jeune femme, cela touchait une corde qu'il n'avait guère ressentie jusqu'alors avec la gent féminine en général, mais à vrai dire, il était assuré qu'une femme si altière, même avec une robe qui semblait passée de mode, incarnait un certain idéal de la féminité, naturelle, à peine modifiée par quelques artifices de sa condition.

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Re: Artland - Le récupérateur de cadavre (5 nov. 1232)

Message : # 11506Message darkbaron
22 janv. 2013, 22:03

Lydia rougit à ses compliments et sa main se fit plus insistante, alors que son regard soutenait celui du médecin.

"Vous pouvez tout à fait m'appeler Lydia, docteur. Je sais que c'est peut-être trop tôt pour ce genre de familiarités, mais vous m'êtes réellement sympathique et cela ne me choque aucunement. En plus, nous ne sommes pas en société, donc nous pouvons laisser de côté les convenances. Je ne pense pas qu'il y ait en ces lieux quelqu'un pour nous juger et, pour tout vous dire, je trouve cela vraiment plaisant. On se sent vraiment à l'aise en ces lieux."

Elle le pensait réellement. Elle se sentait bien ici. Peut-être était-ce du au côté naturel du patron des lieux, qui vous mettait rapidement en confiance ?

"Dites-moi, cher docteur... Je suppose que vous n'avez guère eu le temps de trouver une femme, occupé comme vous êtes... Je me trompe ?"

C'était avant tout une façon de relancer la conversation, mais il était évident que sa question n'était pas innocente, pas plus que sa curiosité sur le sujet.

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Re: Artland - Le récupérateur de cadavre (5 nov. 1232)

Message : # 11508Message Asdel
22 janv. 2013, 22:17

C'était au tour de Thomas de rougir, la main insistante, l'ambiance calme et propice de ce petit restaurant enchanteur et le vin le troublait légèrement, lui qui d'habitude était si sûr de lui et de ce qu'il devait faire. Et la question innocente, sous ce sourire légèrement mutin, était-ce du rouge à lèvres qui avait été appliqué avec grâce et application pour renforcer ce blanc sourire cajoleur ? Immédiatement, il se morigéna, pourquoi pensait-il ce genre de chose ? C'était indigne de lui et de sa condition, et avilissant pour Lydia...Mais ces reflets roux à la lumière des lampes dans ces cheveux blonds, et la profondeur de ces yeux plus bleu que les océans. Et heu...Où en était-il, à oui, répondre à la question, sans rougir ni rien, remarquez, c'était raté.

"Non en effet...Je n'ai jamais eu le temps de, humh, penser à ce genre de choses et euh...Sans vouloir paraître indiscret... vous même ?" le bon docteur Sullen, si éloquent sur certains pointés, balbutiait comme un collégien, se sentant ridicule dans ce complet à tourner autour du pot tout en essayant de garder une once de fierté. Alors que c'étit si simple, Lydia semblait le comprendre et l'invitait même à...a quoi elle l'invitait en fait ?

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Message : # 11509Message darkbaron
22 janv. 2013, 22:27

"Moi-même ?"

Ce retour à l'envoyeuse surprit Lydia. Ne lui avait-elle pas dit qu'elle était veuve ? Elle commençait à avoir un doute...

"Je suis veuve depuis quelques années, mais la solitude est parfois terriblement pesante, surtout que le deuil a tendance à éloigner ceux qui se disaient vos amis. J'aimais mon époux et je respecterai toujours sa mémoire, mais je ne pourrai jamais vivre jusqu'à la fin de mes jours comme une veuve éplorée. Je veux penser à autre chose tant que j'en ai encore temps et, qui sait, peut-être même avoir des enfants. Dans tous les cas, je n'abandonnerai jamais totalement le nom Deighton."

Elle était désormais plus sérieuse que cajoleuse, mais tenait malgré tout sa main avec la même tendresse. Son affection n'avait pas disparu.

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Re: Artland - Le récupérateur de cadavre (5 nov. 1232)

Message : # 11512Message Asdel
22 janv. 2013, 22:37

"Je...Heu...Je suis impardonnable, vous comprenez, les évènements de l'après-midi, la rapidité de notre rencontre. Vous êtes un don que je n'avais jamais espéré Lydia. Et je gâche tout par une remarque désobligeante et irréfléchie de ma part. Me pardonnerez-vous ? Je ne souhaitais nullement vous rappeler ces tristes moments, le deuil...Et la fuite de vos amis et confidents. Surtout que vous avez droit au bonheur, vous qui aimez encore votre mari. Lydia, vous êtes vraiment une femme admirable, et moi-même je ne mérite pas de dîner avec vous avec mes inconséquences verbales!" Thomas était vraiment confus pour avoir oublié ce détail, et il ne savait plus où se mettre ni quoi dire.

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Re: Artland - Le récupérateur de cadavre (5 nov. 1232)

Message : # 11513Message darkbaron
22 janv. 2013, 22:44

Elle était confuse : elle n'avait aucunement voulu le gêner et regrettait de le voir dans cet état à cause de sa remarque. Afin de calmer le jeu, elle caressa doucement sa main en arborant un sourire qui montrait qu'il n'y avait strictement aucun problème, et donc aucune raison de se mettre dans cet état.

"Au contraire, cher Thomas. S'il y a bien un homme en ces lieux qui méritait de dîner avec moi, je crois que c'est bien vous. Vous n'avez pas à vous en vouloir pour ça. Nous n'avions que brièvement mentionné cela. En plus, avec les événements de la journée, il est normal d'oublier certaines choses. Vous aviez sans doute la tête ailleurs et ça vous est sorti de l'esprit. Je ne suis donc aucunement offensée et vous n'avez pas à vous inquiéter..."

Sans réfléchir, elle s'approcha lentement de lui et baisa rapidement sa joue avant de reculer. C'était sa façon de montrer que tout allait bien.

Verrouillé