[OdE - Chap. 1] La Forêt engloutie

Campagne des Ombres d'Esteren. MJ Iris
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Iris
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[OdE - Chap. 1] La Forêt engloutie

Message : # 46126Message Iris
05 juin 2015, 22:00

Terfynisel était installé non loin d'un carrefour, dernier village sur la dernière route avant la forêt engloutie. Au-delà, en bas de leur colline, il n'y avait plus de champs, de construction digne de ce nom, plus rien qu'une étendue de marécage dans laquelle poussaient de très hauts arbres se nourrissant des nombreuses sources chaudes et parfois sulfureuses, de cette région mystérieuse. Cette communauté dont les pieds de la colline plongeaient dans des eaux troubles se voulait tout à fait classique : un petit château, quelques champs, des prairies, des forêts. Il ne se passait pas grand-chose et à part les jeunes gens, peu trouvaient à y redire. En dépit du calme, les légendes courant sur la forêt engloutie et ses feondas, qu'on n'osait pas nommer directement, suffisaient à nourrir les peurs de catastrophes et d'atrocités.

Une rosace était installée à mi-distance entre le château et l'auberge de Joavan. Il n'y avait pas beaucoup de monde à ce poste reculé. La principale préoccupation du commandeur Hafnir était un drewlifig, une saleté de monstre paresseux déguisé en nénuphar et qui noyait des individus isolés et imprudents.

Quelle ne fût pas la surprise des habitants du cru quand ils apprirent qu'un groupe de chevaliers hilderins arrivaient et avait sollicité une entrevue auprès du seigneur local et en présence du commandeur Hafnir. Blodwen et sa tante, guérisseuse en titre, savaient que le vieux seigneur n'était pas en état de tenir une telle entrevue. La jeune guérisseuse, assignée aux soins d'un patient difficile et mourant lentement, était convoquée d'urgence au château.
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Casaïr
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Message : # 46132Message Casaïr
06 juin 2015, 09:26

Aujourd'hui, deux choses nouvelles - et étranges !- se passaient : la première, Aeldred allait rendre visite à Blodwen, fait rare. La seconde, encore plus rarissime, était qu'il avait le cœur léger. Bien sûr, les gens se détournaient ostensiblement sur son passage mais il n'en avait cure, qu'ils jasent sur sa bonne humeur ! Ça leur fera toujours un sujet de discussion.

Un peu plus tôt, il avait annoncé à Rhea qu'il allait rendre visite à la jeune femme, nouvelle sur laquelle sa presque sœur avait failli en avaler de travers son repas sous la surprise. Passé un petit moment de panique, et après s'être assuré que Rhea allait bien, il était parti.

La distance à parcourir n'était pas bien importante, mais elle fut suffisante pour qu'il apprenne l'arrivée de chevaliers hilderins dans la région. Pour une fois il ne serait pas le sujet principal des discussions du jour, ce qui l'intriguait énormément -et le soulageait aussi. Arrivé chez Blodwen, il passa la tête par la fenêtre ouverte pour l'appeler.

"Blodwen, c'est moi, Aeldred ! Je n'avais rien à faire aujourd'hui, alors je me suis dit que j'allais passer te rendre une petite visite, j'espère que je ne te dérange pas trop. Je ne sais pas si tu es au courant, mais un groupe d'hilderins est de passage, je me demande bien ce qu'ils viennent faire ici."
Il est toujours utile d'affronter un ennemi prêt à mourir pour son pays. Vous avez en définitive, lui comme vous, le même objectif en tête.

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Arthus
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Re: [OdE - Chap.12.1] La dernière limite

Message : # 46184Message Arthus
09 juin 2015, 02:10

Blodwen préparait son nécessaire de soin, l'esprit envahi de sombres pensées. L'arrivée des chevaliers Hilderins à Terfynisel, surtout en un moment pareil, ne lui disait rien de bon. Et ce n'était pas la mine inquiète des deux hommes d'armes venus la convoquer, et qui l'attendaient maintenant à sa porte, qui allait la rassurer.

Il ne fallait pas être devin pour comprendre ce qui était probablement en train de se passer : le seigneur de Terfynisel était mourant, sans héritier connu, et son vautour de femme, qui cachait fort mal ses ambitions, avait invité les Hilderins à la curée. Probablement espérait-elle que les chevaliers constateraient l'incapacité du vieux seigneur à gouverner pour lui confier la régence du domaine au nom du pouvoir royal, en échange d'une contrepartie quelconque. Un mariage avec l'un d'eux, qui serait de toute façon nettement plus fringant que son mari, ou la promesse que la régence passerait aux mains des Hilderins à sa mort. A vrai dire, dame Gloada faisait un calcul aussi risqué que stupide, si elle comptait sur cette dernière possibilité.

Elle avait déjà eu l'occasion de passer par un domaine reculé régenté par les Hilderins, autrefois : le Val de Dearg. Ce qu'elle avait vu et entendu de la régence du seigneur Argan l'avait convaincue que des "régences de domaines au nom du pouvoir royal" pouvaient facilement se transformer en "annexion d'un domaine à titre personnel". Parfois même au prix du meurtre des derniers membres de la lignée qui dirigeait ledit domaine, d'ailleurs, si l'on en croit la rumeur.

Ce que Blodwen ne s'expliquait pas, en revanche, c'est pourquoi les Hilderins avaient porté leur intérêt sur le domaine de Terfynisel. C'était une seigneurie, certes, mais sans grand intérêt : particulièrement isolée, située dans une région réputée dangereuse et d'un intérêt stratégique nul et sans grande production locale... rien à voir avec le Val de Dearg, avec son commerce de cuivre et sa situation stratégique par rapport à Gwidre... Non, vraiment, Blodwen ne voyait pas vraiment quel charme les Hilderins avaient pu trouver à ce trou perdu, si ce n'est sa proximité avec la plus grande forteresse de leur ordre. A moins que leur venue n'ait un lien avec la présence de l'ordre des Ronces, réputés très riche, dans la région?

Bien sûr, il pouvait toujours s'agir d'un groupe de Hilderins loyaux et vertueux, attachés à la règle de leur ordre et à la mission que leur avait confié le roi Hild, bien des siècles auparavant... mais Blodwen en doutait. Après tout, aucune recrudescence de l'activité féonde n'avait été signalée dans la région : ça se saurait...

Toute à ses pensées, Blodwen n'entendit pas Aeldred s'approcher de sa fenêtre, et elle sursauta quand il l'interpella. Elle se retourna vivement, et soupira de soulagement lorsqu'elle vit qu'il s'agissait du jeune homme.

L'un des hommes d'armes du château s'approchait déjà d'Aeldred, l'air menaçant, la main posée sur le pommeau de son épée, dans l'intention évidente de le faire déguerpir, mais Blodwen l'arrêta :

Laissez, c'est un ami à moi. De plus, il pourra sûrement être utile au cours de l'entrevue entre les chevaliers hilderins et le seigneur Mac Terfynisel. Aeldred est un excellent chasseur qui connaît bien la région, et je suis sûre qu'il pourra donner de précieux renseignements aux chevaliers lorsqu'ils demanderont ce qu'il en est de l'activité féonde récente aux alentours du domaine.

Puis, se tournant vers Aeldred :

Enfin... si tu es d'accord pour m'accompagner au château et participer à cette entrevue, bien entendu...
Dernière modification par Arthus le 09 juin 2015, 12:42, modifié 3 fois.
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Casaïr
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Re: [OdE - Chap.12.1] La dernière limite

Message : # 46189Message Casaïr
09 juin 2015, 09:47

La vue des hommes d'armes chez Blodwen ainsi que l'attitude tendue de son amie refroidit instantanément les ardeurs du jeune homme. Qu'est-ce qu'ils viennent faire là, ceux-la ?...

Après l'agressivité d'un des gardes à son encontre, rapidement calmé par Blodwen, Aeldred comprit confusément que quelque chose n'allait pas sans vraiment en connaitre la raison. Son amie semblait avoir besoin de lui, au moins pour la soutenir, et bien que l'idée de se rendre à la demeure seigneuriale ne l'enchantait guère, il n'était pas homme à laisser tomber ses -trop rares- amis. Ainsi, il ne perdit pas de temps en réflexion lorsqu'il répondit par l'affirmative.

"Evidemment que je t'accompagne !"

Malgré son air bravache, il se demandait pourquoi Blodwen était convoquée au château au moment même où des hilderins arrivaient à Terfynisel en se pavanant -selon les villageois, ce qui voulait dire tout et son contraire. Il ne voyait pas vraiment l'attrait qui aurait pu attirer un corps aussi prestigieux de chevaliers dans la région, et ça ressemblait de moins en moins à une visite de courtoisie.

Essayant de parler à son amie discrètement, il lui demanda :

"Qu'est-ce qu'ils te veulent au château ? C'est à cause d'eux ? Tu n'as pas d'ennuis au moins ?..."

Cette dernière question était lancée sur le ton de la plaisanterie mais il senti qu'il faisait une bourde. Restait maintenant à connaitre la raison de tout ce chambardement.
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Re: [OdE - Chap.12.1] La dernière limite

Message : # 46193Message Arthus
09 juin 2015, 13:18

Blodwen répondit à Aeldred en finissant d'empaqueter ses affaires, sans chercher à être particulièrement discrète :

Ne t'inquiètes pas, ni toi ni moi n'avons d'ennuis avec qui que ce soit... Je suis simplement chargée de veiller sur la santé du seigneur Mac Terfynisel au cours de la rencontre avec les ordres des Ronces et des Hilderins, si cette dernière devait avoir lieu, bien sûr.

Il va de soi que si l'état de santé du seigneur requérait du repos, cette entrevue devrait être reportée à une date ultérieure...


Blodwen jeta un regard appuyé aux hommes d'armes à l'entrée en prononçant cette dernière phrase, en espérant qu'ils comprendraient le message : en cas de nécessité, il faudrait qu'ils fassent le bon choix et ne perdent pas de vue les intérêts du seigneur aucquel ils devaient leur loyauté.

Dans tous les cas, tes connaissances de la région seront sans doute utile : tu pourras renseigner les chevaliers Hilderins sur les dangers de la région, notamment en ce qui concerne la présence d'éventuels féondas. C'est sans doute pour cela qu'ils viennent : leur ordre a été créé pour combattre ces monstres, après tout.

Blodwen ne put masquer une petite pointe d'ironie, qui en disait long sur les doutes qu'elle nourrissait quant à cette dernière affirmation.

Par ailleurs, tu pourras également être utile en tant que témoin neutre, puisque tu n'entretiens aucun lien avec le personnel du château ou avec la Rosace...

Blodwen termina ses paquets et se dirigea vers l'entrée de sa chaumière, son sac sur l'épaule et son carath à la main.
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Re: [OdE - Chap.12.1] La dernière limite

Message : # 46198Message Casaïr
09 juin 2015, 13:51

L'état du vieux seigneur était préoccupant, alors ?... Il était surpris de l'apprendre mais en même temps, il était bien souvent le dernier au courant de tout ce qui pouvait bien arriver au village tant que ça ne le concernait pas directement -auquel cas il était bien entendu aux premières loges-, il accueillit donc la nouvelle avec un haussement d'épaules tout en surveillant du coin de l'oeil les deux gardes.

Une entrevue entre les hilderins et le vieux Mac Terfynisel, hein...?
Et son amie ne portaient pas les chevaliers dans son cœur apparemment. Lui-même ne sait que ce que les colporteurs en disaient lors de leur passage au village, mais jamais il ne lui avait semblé qu'ils pouvaient être source de défiance. Toutefois, ce n'était pas le genre d'Aeldred de remettre en doute les dires de Blodwen, elle avait sans doute une bonne raison pour penser cela, il espérait juste ne pas comprendre la situation trop tard.

Distrait, il n'avait pas remarqué que la jeune guérisseuse avait fini de préparer ses affaires et s'apprêtait à se rendre au château, il se hâta donc de la rejoindre devant la porte de sa maison, au risque de provoquer l'ire des gardes mais il n'en avait cure. Finalement, le fait d'avoir supporter toutes ces années la réprobation des gens du village lui permettait de mieux supporter ce genre de regard condescendant, il était pour ainsi dire immunisé. C'est pourquoi il leur jeta un sourire jovial avant de se tourner vers Blodwen :

"Eh bien, qu'est-ce qu'on attend, alors ? Et ne t'inquiète pas, je saurai te protéger de ces figures moroses."

Il termina cette phrase sur un clin d’œil, afin de la rassurer et de l'assurer qu'il ne faillirait pas.
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Message : # 46206Message Iris
09 juin 2015, 16:23

Le seigneur Breth McTerfynysel était atteint d'une fièvre des marais, maladie chronique qui s'était aggravée et l'on craignait qu'il ne passât par l'hiver tant il déclinait. Son épouse Dame Gloada Mc Terfynysell n'avait pas eu d'enfants, mais en l'absence d'autres héritiers, gagnerait le domaine à sa mort. Cela ne changerait sans doute pas grand-chose pour les habitants au quotidien, mais la femme était assez arrogante et tenait à ce qu'on lui manifeste respect et déférence, ce qui laissait craindre une certaine dérive autoritaire dont pâtiraient les esprits forts qui tiendraient à manifester leur manière de penser face à elle.

L'on organisa l'audience assez misérable, un seigneur malade, d'un domaine qui était loin d'être le plus riche, sur un ancien trône. D'un côté sa garde-malade Blodwen, flanquée du chasseur Aeldred, de l'autre la Dame épouse.

Le hilderin Uilleam de Terkhên était le chef de la délégation de son ordre. Un cadet de sa maison qui avait dû chercher à faire carrière. Il était encore assez jeune et fringant, très (trop ?) sûr de lui, et manifestement convaincu d'être dans son droit autant que de bien faire. Passé les formules de politesse, il expliqua l'objet de sa visite :

" Seigneur Mac Terfynisel, vous avez sur vos terres deux rosaces, celle de Terfynisel et celle de Swelbeky. "

Swelbeky était un village des abords de la forêt engloutie, un peu plus au nord-ouest, en zone forestière vallonnée, proche de la limite avec le duché de Salann Tir. La zone était tout aussi pauvre que Terfynisel, mais ayant plus de potentiel de développement si l'on consentait de gros investissement dans la créations de routes reliant les terres de Deas, de Salann Tir jusqu'à la capitale.

" Par ordre du roi, la garnison de ronce de Swelbeky est appelée à quitter les lieux au profit de l'ordre hilderin qui assurera désormais la sécurité sur ces terres et les routes attenantes. Je suis venu ici vous faire part de cette décision et obtenir votre consentement."

C'était une formule de politesse, en fait, il n'y en avait pas besoin, il s'agissait surtout d'informer d'un changement dans qui serait sur place. Cela signifiait que le domaine aurait désormais à faire aussi bien avec des Ronces. Le commandeur local des Ronces, Hafnir, restait stoïque, ne laissant rien paraître de ce qu'il pensait de la situation. Il n'y avait pas grand-chose à en dire, et le seigneur Mac Terfynisel était sur le point de congédier les hilderins et Ronces en prenant acte de la nouvelle donne qui l'indifférait tant il estimait que les intrigues ne le concernaient plus, à moins qu'il ne fût plus en mesure de réfléchir jusqu'à identifier les problèmes.

Blodwen et Aeldred n'étaient certes pas invités à parler, mais s'ils avaient à s'exprimer devant tous les intéressés, c'était l'occasion ou jamais...

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Casaïr
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Re: [OdE - Chap.12.1] La dernière limite

Message : # 46229Message Casaïr
10 juin 2015, 10:55

Aeldred se sentait tout petit au milieu de ce rassemblement. D'un côté son seigneur qui manifestement se moquait éperdument de ce qui arriverait ensuite et de l'autre le chevalier qui venait réclamer Swelbeky, un village à peine moins misérable que Terfynisel pour le peu qu'en avait vu le chasseur lorsque ses pas le menaient jusque là. Il toussa pour tenter d'attirer l'attention avant de parler d'une voix qu'il aurait souhaité moins tremblante :

"Pardonnez-moi messire, je sais que ce n'est pas à moi de parler, mais j'aurai voulu, en tant que natif de la région, connaitre les changements qui allait advenir dans la région. Je veux dire, même si la vie ici n'est pas des plus reluisante, nous vivons paisiblement, et je pense que pour certains, l'installation d'une commanderie d'hilderins sera interpellante, voire un peu ... intimidante. Doit-on s'attendre à... des changements dans la région ?"

Rouge comme une pivoine, Aeldred recula d'un pas, indiquant par là qu'il avait fini de parler. Il espérait juste ne pas trop se faire taper sur les doigts pour son intervention.
Dernière modification par Casaïr le 10 juin 2015, 18:17, modifié 1 fois.
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Re: [OdE - Chap.12.1] La dernière limite

Message : # 46230Message Arthus
10 juin 2015, 11:55

Blodwen réfléchissait à toute vitesse aux implications de ce qui se déroulait devant ses yeux. En apparence, cette occupation de la commanderie de Swelbeky par les Hilderins avait tout d'un acte autoritaire et illégal, qui pourrait avoir de fâcheuses répercussions sur la région dans des délais plus ou moins brefs. Après tout, même si cet ordre émanait bien du roi, ce qui n'avait pas encore été prouvé, il n'était pas certain qu'il puisse s'appliquer à une commanderie de l'ordre des Ronces qui n'était pas sous son autorité directe, et qui possédait peut-être même de surcroît des droits sur le domaine qu'elle occupait.

Blodwen avait passé assez de temps auprès de cet ordre pour savoir que les chevaliers-ronces étaient prudents et durs en affaires, se reposant notamment sur des contrats écrits, et elle imaginait assez mal qu'ils aient pu être étourdis au point de bâtir une commanderie sur une terre sur laquelle ils n'avaient ni droits, ni garanties.

Si ce raisonnement s'avérait juste, les revendications du chevalier Uilleam pouvaient avoir deux conséquences, toutes deux dommageables pour Terfynisel : un conflit entre les deux ordres, ou le départ à plus ou moins brève échéance de l'ordre des Ronces de la région, qui ne verrait plus l'entretien d'une rosace perdue et sans débouchés commerciaux comme nécessaire. Dans tous les cas, cela signifierait probablement une vulnérabilité accrue du village vis-àvis des menaces extérieures, mais aussi des ambitions autoritaires potentielles des Hilderins ou de dame Gloada.

Par ailleurs, étant elle-même membre d'un ordre indépendant des trois couronnes, Blodwen était particulièrement sensible à la situation de l'ordre des Ronces, qui venait de subir une attaque frontale de la part du pouvoir royal ou, à tout le moins, de quelques intriguants qui s'en prévalaient. Elle se sentait d'autant plus concernée qu'elle considérait avoir une dette vis-à-vis de cet ordre qui lui avait sauvé la vie, avant de lui offrir un nouveau futur.

Elle réfléchissait encore à la meilleure manière d'intervenir lorsqu'Aeldred s'adressa à l'assemblée.

Elle décida d'attendre la réponse du chevalier Uilleam, ou de toute autre personne souhaitant prendre la parole, avant de réagir si nécessaire.
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Message : # 46247Message Iris
10 juin 2015, 22:09

Les hilderins s'étaient présentés comme missionnés avec un ordre du roi, et avaient présentés une missive portant un sceau avec un long et monumental ruban. Si l'ordre n'était pas issu de la chancellerie royale, c'était bien imité.


Uilleam de Terkhên se tourna vers Aeldred le chasseur embarrassé : " Vous n'avez rien à craindre. La mission de sécurité des routes et des populations sera assurée par nous désormais. Vous n'y perdez pas : nous sommes cinq là où les Ronces stationnés actuellement à Swelbecky ne sont que deux ou trois." la fin de la phrase était interrogative et son regard se portait désormais vers le commandeur Ronces Hafnir qui hocha la tête pour confirmer le nombre. De fait, il était vrai que les Ronces là-bas n'étaient pas assez nombreux et que cette rosace était en moins bon état que celle de Terfynisel. Les cinq hilderins allaient goûter cet hiver la joie des toits qui étaient pas étanches.


Si d'autres motifs étaient en jeu, Uilleam de Terkhên ne les mentionna pas, se contentant d'assurer (et apparemment il y croyait) que la population n'avait pas à craindre de changement. Tout continuerait comme toujours : les travailleurs dans les prés et les champs ou dans leurs ateliers, tandis que les combattants chassaient les monstres et les brigands.

Blodwen savait que la Bande des Roseaux de fer avait longtemps sévi dans le duché de Salann Tir avec à sa tête un hilderin déchu. L'homme avait disparu après une attaque audacieuse contre la capitale du duché. Ses compagnons avaient été sérieusement désorganisés, mais certains de ses lieutenants s'étaient ressaisis et posaient de nouveau des problèmes de sécurités jusqu'à la route menant au liacgal du sud. Sans être tout à fait à côté, Swelbecky était plus ou moins dans les environs. Peut-être tout de même trop loin ?... ou pas ?...

Le seigneur Mac Terfynisel était fiévreux et faisait signe à Blodwen : il voulait mettre un terme à l'entrevue. Les Ronces et les Hilderins allaient saluer et repartir.


Aeldred et Blodwen pouvaient encore glisser un mot, rapidement, ou laisser les choses suivre leur cours, le vieux seigneur retourner dans sa chambre sombre sentant le renfermé et les médicaments, s'appuyant beaucoup sur Blodwen.


Quoi qu'ait pu en dire Uilleam de Terkhên, les choses changeaient, et l'on ignorait de quoi demain serait fait...
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