[AdJ] Magience et tradition en Reizh

MJ Cialf - Aventures à Kalvernach
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[AdJ] Magience et tradition en Reizh

Message : # 50141Message Cialf
12 déc. 2015, 15:33

Magience et tradition en Reizh
[AdJ non officielle, MJ Cialf]

  • Cours inaugural du magister Ferius Mac Engdad, directeur du département « Pays et peuples » à l’université de Kalvernach.

Pour commencer, nous parlerons d’un pays que vous croyez sans doute connaître puisqu’il est le vôtre – sous réserve de quelques-uns d’entre vous qui viennent étudier depuis les royaumes voisins. Reizh est en effet, parmi les Trois Royaumes, le plus avancé en technique et en science. Il le doit aux vaisseaux aériens qui, il y a deux cents ans, ont apporté le magister Goran Aznor, ses disciples et ses appareils, venus du lointain Continent. Depuis cette date, aucun vaisseau ni aucun message ne sont parvenus du Continent, et il est possible qu’il ait sombré dans la barbarie ou l’obscurantisme. C’est donc à nous que revient la responsabilité d’entretenir l’étincelle de la science.

La Magience n’est pas, comme certains le croient, une vulgaire collection de recettes techniques pour augmenter la production. Beaucoup de marchands et fabricants pensent ainsi, et leur recherche de profit à court terme contribue, je dois le dire, à la mauvaise réputation de la Magience dans les secteurs les moins éclairés du peuple. Certains magisters, et, vous êtes assez adultes pour que je vous parle franchement, certains étudiants tendent à aggraver les choses par leur attitude élitiste et hautaine envers ceux qu’ils appellent les « ignorants ». Je vous mets en garde contre de tels réflexes. Même en Reizh, les Magientistes ne sont qu’une petite minorité. Ils conservent l’étincelle de la science, ils peuvent en faire une lumière qui éclaire les Trois Royaumes, mais ils peuvent aussi causer son extinction par leurs erreurs et leur imprévoyance.

La Magience est avant tout une philosophie fondée sur la raison, le progrès et l’attachement au bien-être collectif. Est-elle compatible avec d’autres conceptions du monde ? Le dogme du Temple, qui est dominant dans le royaume de Gwidre, est fondé sur la révélation de Soustraine et s’accorde mal avec la recherche désintéressée de la vérité. Il y a cinquante ans, les armées de Gwidre ont tenté de conquérir notre royaume pour y imposer leur croyance. Encore aujourd’hui, la méfiance envers Gwidre et le culte de l’Unique est profonde dans bien des régions du royaume de Reizh, et un voyageur gwidrite qui n’a aucun appui sur place risque d’être traité de « sigire », malmené et expulsé au premier soupçon. Le duché de Farl fait exception : son université du Clos des Cendres accepte des clercs de l’Unique, au moins parmi les plus éclairés et les plus tolérants. J’ignore si cette cohabitation sera couronnée de succès et je crains qu’elle ne soit décevante des deux côtés.

La tradition des Esprits de la nature, les C’maoghs dans l’ancienne langue, est peut-être plus compatible avec la culture magientiste. D’abord parce qu’elle se fonde sur l’observation de la nature, même si c’est à travers des préjugés souvent discutables. Ensuite, parce que les demorthèn, contrairement au clergé du Temple, ne forment pas une hiérarchie rigide et autoritaire : un demorthèn n’a généralement d’autorité que dans son village. Il existe, bien sûr, des demorthèn intégristes qui rejettent toute forme de Magience : ils sont surtout présents dans des populations marginales comme les Osags du Mur des Lances et les tribus à demi sauvages de la Scatach. Mais ils ont aussi de l’autorité dans les régions rurales de l’est du royaume.

Dans les régions civilisées de Reizh, dans la plupart des villages, et même dans des petites villes artisanales comme Crail et Leacach, les procédés magientistes inspirent encore parfois une crainte superstitieuse. Les habitants craignent, pas toujours à tort, certains effets secondaires indésirables de l’exploitation du Flux. Les cabales traditionalistes de la noblesse rurale encouragent ces réactions de rejet, car les seigneurs redoutent de perdre leur emprise sur les paysans. Nous devons faire preuve de patience à leur égard : n’oubliez pas que ce sont les campagnes et l’artisanat qui font vivre notre économie, et que c’est la noblesse rurale qui fournit la plupart des chevaliers de nos armées.

Heureusement, l’évolution est en cours. Une grande partie de la noblesse et de la bourgeoisie urbaine se montrent ouverts à la Magience, au moins à ses applications pratiques. Parmi les demorthèn, la grande demorthèn Guinevere Oan, qui préside au pèlerinage de Faireann Ear, est toujours intervenue dans le sens de la tolérance et de la compréhension. D’ici quelques générations, si notre royaume parvient à surmonter ses divisions internes, les principes de la Magience seront acceptés comme une évidence.

  • Note de l’étudiant Eximius. Je dois suivre ces cours de « Pays et peuples » parce qu’ils comptent pour mon diplôme, mais le vieux Ferius est de plus en plus à côté de la plaque. Il croit que les demorthèn sont encore une force qui compte, parce que lui-même vient d’une de ces familles de hobereaux bornés qui font semblant de respecter la Tradition. Mais, même dans les campagnes, ces rebouteux qui se croient encore au temps de l’Aergewin perdent tous les jours du prestige. La moitié d’entre eux sont gâteux et n’ont pas de ionnthèn pour les remplacer. Les fermiers un peu riches préfèrent confier leurs enfants à une bonne école urbaine plutôt qu’à la damathair du village, et je crois que la moitié des élèves de ce cours viennent de là. Les nobles sont trop occupés à intriguer, à se quereller et à se battre entre eux pour songer aux demorthèn. Ne parlons pas de leur Guinevere Oan : c’est une mystificatrice qui a réussi à embobiner la duchesse Eriell et à faire croire à un grand renouveau de la Tradition en Reizh. Quand la duchesse sera mariée à un homme de bon sens, toutes ces fumées seront vite dissipées.
Joueur: Deucalion, garde de patrouille (Légendes de la garde). Iontaise Sul, chasseuse/guide (Ombres d'Esteren). Eccomar fils de Lucterios, druide (Oikoumenè). Haytham, voleur/soldat déserteur (Conan d6). Nakajima Koebi, mechapsychologue (Mekton Z).

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